ENS de Cachan
Département
Informatique
Conférences de rentrée 2014









Jérôme Durand-Lose

Le 2/9, 14h-17h

Calcul non conventionnel (en général, et géométrie euclidienne et machines à signaux en particulier)

Pour nos anciens, le calcul était avec des petits cailloux puis des écritures ou alors géométrique. Pour nos contemporains, il est électronique, à base de zéros et de uns. Qu'en sera-t-il pour nos lointains descendants ? Le calcul non-conventionnel (ou unconventional computation) explore différentes pistes pour calculer « autrement ». Cette conférence est structurée en deux partie. La première propose un tour d'horizon de tout ce que l'on peut trouver dans le calcul non conventionnel. La seconde se focalise sur ce l'on peut faire à base de géométrie euclidienne et en particulier avec des machines à signaux. Il existe beaucoup de façons de s'éloigner de ce que l'on peut considérer comme le calcul conventionnel qui représente, peu ou prou, le paradigme de nos ordinateurs: but (l'interaction en non le résultat) ou objets manipulés (réels), utilisation d'un temps non fini (accéléré, ordinal ou continu) ou d'espace non euclidien (hyperbolique, modèle du trou noir et espaces relativistes), primitives disponibles (quantique, optique, solution chimique, soupe d'ADN, membranes), automates cellulaires, auto-assemblage... Bien entendu, ces directions ne seront qu'esquissées en tentant à chaque fois d'en donner la saveur. La seconde partie se focalisera sur les approches basées sur la géométrie euclidienne: règle et compas, polyèdres, et machines à signaux. Ce dernier modèle sera particulièrement approfondi pour montrer ses liens avec le calcul classique, mais aussi d'autres formes de calcul et ses propriétés particulières.

Clémence Magnien

Le 3/9, 14h-17h

Graphes de terrain : Problématiques générales et cas de la métrologie de l'internet

De nombreux objets peuvent être modélisés par des graphes : divers types de réseaux sociaux en ligne ou non, pages web et liens entre elles, réseaux de transport, etc. Depuis la fin des années 90, il est apparu que ces graphes ont des propriétés communes, et que des questions similaires se posent à leur sujet. Ceci a engendré un courant de recherche important visant à mieux comprendre ces réseaux, identifier automatiquement les éléments importants de leur structure, et capturer leurs propriétés dans des modèles permettant entre autres d'effectuer des simulations. Ce cours présentera un aperçu du domaine et des grandes questions qui se posent, puis se focalisera sur le cas particulier de la métrologie de l'internet. En effet, dans la majorité des cas, on n'a pas de connaissance globale du graphe et on doit l'acquérir par des opérations de mesure qui ne permettent que d'obtenir des informations partielles sur les sommets et les arêtes du graphe. Des travaux ont montré que, dans le cas de l'internet, ces informations peuvent être biaisées, c'est-à-dire que le graphe obtenu par la mesure ne ressemblerait pas au vrai graphe.

Philippe Mathieu

Le 4/9, 14h-17h

Simulation multi-agents (1) (2)

Après un bref historique de la discipline, nous décrirons les avantages d'une approche centrée individus pour la simulation de systèmes complexes relativement aux approches plus classiques, centrées groupes. Nous présenterons ensuite les travaux qui ont amené peu à peu à la réalisation de systèmes multi-agents, outil aujourd'hui privilégié pour ce type de simulation dans laquelle la notion de comportement est prépondérante. Pour illustrer notre propos nous décrirons quelques modèles représentatifs de la communauté. Enfin, nous présenterons une méthodologie de conception centrée sur les interactions entre individus et quelques applications réalisées avec cette approche.

Sylvain Schmitz

Le 8/9, 14h-17h

Modélisation linguistique

Entre philosophie du langage et traitement automatique des langues naturelles, les besoins de modélisation de la langue ont suscité le développement de nombreux formalismes utilisés en informatique. L'exposé offre un aperçu et un historique des différents domaines en linguistique théorique avant de se centrer sur la syntaxe et la sémantique et leur modélisation.

Sylvie Boldo

Le 9/9, 9h15-10h45

Les nombres et l'ordinateur

Nous confions à nos ordinateurs de nombreux calculs (météo, simulations aéronautiques, jeux vidéos, feuilles Excel...) et nous considérons naturellement que l'ordinateur fournira une réponse juste. Malheureusement, la machine a ses limites que l'esprit humain n'a pas. Elle utilise une arithmétique dite flottante qui a ses contraintes. D'une part chaque calcul est effectué avec un certain nombre de chiffres (souvent environ 15 chiffres décimaux) et donc chaque calcul peut créer une erreur, certes faible, mais qui peut s'accumuler avec les précédentes pour fournir un résultat complètement faux. D'autre part, les valeurs que l'ordinateur appréhende ont des limites vers l'infiniment petit et l'infiniment grand. Hors de ces bornes, l'ordinateur produit des valeurs spéciales souvent inattendues. Cet exposé montrera que l'ordinateur n'est pas infaillible ou plutôt que son utilisation est parfois abusive.

Martin Quinson

Le 10/9, 14h-17h

Méthodologies d'expérimentation pour l'informatique distribuée à large échelle

Bien qu'omniprésents dans notre société, les systèmes informatiques distribués de très grande taille restent extrêmement difficiles à étudier et à évaluer. Grilles, clusters, clouds, systèmes P2P ou HPC posent un défi méthodologique nouveau en architecture des systèmes informatiques : l'approche réductionniste visant à expliquer théoriquement le système au travers des interactions entre ses parties ne suffit plus à appréhender la complexité de ces systèmes. L'approche expérimentale s'impose alors avec une force nouvelle. Malheureusement, aucune méthodologie expérimentale n'est entièrement suffisante pour étudier la correction et les performances de systèmes distribués à large échelle. Expérimentation directe, Simulation, Emulation ou Vérification dynamique présentent chacune des avantages propres, il serait nécessaire de les combiner pour analyser les systèmes étudiés de façon pertinente. Après une courte introduction de ces différentes méthodologies, nous aborderons tout d'abord les problèmes de modélisation inhérent à ces approches, et nous verrons comment les résoudre nous demande d'appliquer une approche méthodologique inspirée de la physique. Dans un second temps, nous parlerons de la performance des simulateurs des DES (Discrete-Event Systems), couramment utilisés dans ce domaine. Enfin, nous verrons comment faire converger simulation et vérification dynamique afin de d'établir de manière formelle des propriétés de sûreté ou de vivacité sur des systèmes distribués telles que des applications MPI réelles.

Eric Fabre

Le 11/9, 14h-17h

Some aspects of information theory for a computer scientist

Information theory appeared in the middle of the 20th as the adequate foundation of point to point communications. It offers powerful concepts both for data compression, storage, and data transmission. This lecture will give a simple and intuitive introduction to some of these concepts, like entropy, mutual information, etc, and will illustrate the relevance of limit theorems on data compression (with or without losses), data transmission, secret protection, etc. The second part will examine more recent developments, that aim at adapting the theory to multi-user settings. We will describe the amazing Slepian-Wolf theorem, that allow for optimal multi-user data compression without communication. Some other fashionable topics will be addressed, like distributed peer-to-peer storage or fountain codes. The lecture will conclude on some challenging open questions for computer scientists.


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Dernières modifications : le 15/09/2014